Guillaume Louradour du Ci'Ney

Rencontre

Mise à jour le 11/06/2026

Guillaume Louradour du Ci'Ney en photo devant la façade du Ci'Ney
Le directeur du cinéma et de la programmation cinéma du Ci'Ney raconte son parcours et son attachement au 18e. La découverte du cinéma, ses premières expériences professionnelles, la Fémis, son arrivée au Ci'ney… et puis ses bonnes adresses, ses recommandations, ses annecdotes… Rencontre.
Je suis né dans le Lot d’un père paysan et d’une mère factrice, dans un milieu rural. C’est au collège que j’ai découvert le cinéma : l’établissement dans lequel j’étais scolarisé participait au dispositif Collège au cinéma. Le premier film que j’ai vu, c’était Elephan man de David Linch. Une claque. Ce film m’a bouleversé et m’a marqué à jamais.
Au lycée, à Brive-la-Gaillarde, j’ai choisi l’option cinéma et j’avais accès gratuitement au cinéma d’art et essai du coin, le Rex. Ces années ont été l’occasion pour moi de créer un ciné-club et je crois que c’est à partir de là que j’ai eu envie de continuer dans ce milieu.
Après une licence d’histoire, j’ai passé un CAP de projectionniste. C’était l’époque des bobines de 35 mm, un autre monde ! J’ai commencé à travailler comme projectionniste au cinéma Utopia à Toulouse en 2007, où j’ai notamment créé le Festival du film grolandais de Toulouse, qui existe encore aujourd’hui.

L'interview en accéléré

Ton film préféré ? Profils paysans de Raymond Depardon. C’est une série de films documentaire sur des paysans du village où le réalisateur a grandi. Cette œuvre m’a réconcilié avec mon histoire personnelle.
Ta série préférée ? Twin peaks saisons 1, 2, 3 ! Regardez, c’est génial.
Pop corn sucré ou salé ? Sucré !

Le 18e comme décor de vie

En 2014, je suis arrivé à Paris, pour reprendre mes études à la Fémis (18e). Un rêve de gosse. J’habitais alors sur l’esplanade Nathalie Sarraute… Les débuts d’une longue histoire avec l' arrondissement !
Ton meilleur souvenir dans le 18e ?
C’est d’avoir été pris à la Fémis, en 2014, et d’y avoir passer deux ans. C’était fou. Et le plus fou, c’est que dans quelques jours (en juin 2026), je vais faire partie du jury d’entrée de l'école… J’adore le coin de la Fémis, j’y suis encore très attaché (quartier bas de Montmartre). C’est toujours mon quartier préféré du 18 e d’ailleurs, plus de 10 ans après.
De 2016 à 2023, j’ai travaillé à la direction d’un cinéma à Argenteuil. J’y ai appris à aller chercher un public, à travailler l’éducation aux images avec les scolaires, à organiser des temps d’échange pour faire se rencontrer les publics.
Entre temps j’ai déménagé, quittant le quartier La Chapelle-Marx Dormoy pour la rue Jean Dollfus, à deux pas de l’actuel Ci’Ney. Je fréquentais assidûment le Bricorama de l’époque pour aménager mon appartement !
Puis j’ai travaillé à Tremblay (Seine-Saint-Denis) avec un objectif culturel et éducatif et me voilà de retour professionnellement dans le 18e en tant que directeur de cinéma et programmateur du Ci’Ney.

Au Ci'Ney, c'est le cinéma que j'aime : culturel, social et ancré dans son époque

Guillaume Louradour
Directeur du cinéma et de la programmation au ci'ney

Projeter des films, provoquer des rencontres

Mon travail s’articule autour de deux grands axes. D’une part, la gestion du cinéma : j’élabore les plannings, je forme les équipes, je pilote les budgets et je supervise la communication. D’autre part, la programmation : je visionne des films, j’échange avec les distributeurs, je construis les grilles horaires et j’imagine les animations qui accompagnent les projections (rencontres, débats, festivals).
Au Ci’Ney, nous défendons un cinéma à la fois culturel, social et politique. C’est ce qui m’anime profondément : rester connecté à l’actualité et à notre époque, aller à la rencontre des publics, créer du lien grâce aux films, proposer des documentaires engagés, susciter des échanges, faire réfléchir.
L’ouverture d’un cinéma de nos jours est déjà en soi un événement rare. Ouvrir le Ci’Ney, avec ce projet et cette ambition, l’est encore plus ! Alors en être le directeur, c’est une grande fierté. Et pour être tout à fait honnête… sans cette opportunité au Ci’Ney, j’aurais changé complètement de métier pour devenir… fromager !

Les bonnes adresses de Guillaume

  1. Ton lieu préféré dans le quartier ?
    La coopérative La Louve. J’y suis adhérent depuis 8-9 ans et le fait de participer à la vie du lieu, rendre des services m’a permis de faire de super rencontres.
  2. Ton parc favori ?
    Le square Marcel Sembat, très sympa pour faire une petite pause au vert
  3. Où tu vas manger le midi ?
    Au Ci’Ney bien sûr ! Quand je veux changer : à la Maison de la conversation c’est très bon et à deux pas d’ ici.
LES MOTS DE LA FIN
1 raison de venir au Ci’Ney ?
Il y en a plein ! Voir un film, aller à la mission locale, manger un bout, faire ses courses à l’épicerie, venir boire un verre, rencontrer ses voisins… !

Une réaction qui t’a marqué à l’ouverture du Ci’Ney ?
Les gens sont heureux qu’un cinéma ouvre ici. De manière générale, c’est toujours un événement un cinéma qui ouvre, surtout en ce moment. Et voir des cinéphiles traverser Paris pour venir, c’est quelque chose !