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Entretien

Portrait - Le Pain de la Liberté

Mise à jour le 18/03/2019
Katie, Sabrina et Aurélie ont fondé le Pain de la Liberté, installé rue de la Chapelle. Bien plus qu’une boulangerie bio et locale, c’est un véritable projet engagé que nous vous proposons de découvrir.
«Bonjour ! Bienvenue dans l’îlot girly de la Porte de la Chapelle !» s’écrie Katie en nous tendant un café. Ça tombe bien, c’est l’heure du goûter : difficile de ne pas craquer pour une pâtisserie pour l’accompagner. Dans la vitrine, c’est un tour du monde des femmes : on retrouve la Turque à l’abricot, l’Ethiopienne au café d’Ethiopie, la Portugaise aux figues, la Sri-Lankaise saveur cannelle, l’Espagnole, pralinée aux amandes…

Le Pain de la Liberté, ce sont trois femmes, Katie, Aurélie et Sabrina, qui en 2011 décident de mutualiser leurs compétences. Trois ans plus tard, elles montent leur coopérative à Montreuil avant de s’installer en 2018 à la Porte de la Chapelle.

Chocolatière, boulangère et pâtissière, elles ont en commun leur spécialisation dans les intolérances alimentaires, mais surtout un engagement féministe. Car le Pain de la Liberté est d’une part un projet entrepreneuriat au féminin : 100% du capital est détenu par les femmes. Les employées, des femmes en réinsertion, sont formées par d’autres femmes. L’émancipation, c’est le projet du Pain de la Liberté. Pour Katie, ce nom évoque la liberté de pouvoir manger ce qu’on veut, quand on veut, où on veut et de pouvoir se le payer. «Être autonome financièrement, c’est notre acte féministe».
Nais BESSAIH
L’autre engagement du Pain de la Liberté, c’est celui en faveur d’une alimentation plus responsable. La plupart des produits sont issus de l’agriculture biologique et locaux, achetés directement auprès des coopératives agricoles ou des moulins d’Île-de-France. D’autres tels que le sucre de canne ou le café sont issus du Commerce Equitable. Pour Katie, la sensibilisation est un axe de travail important. «Un enfant m’a demandé une baguette : pas la bio, la normale. Pour lui, le logo bio voulait dire qu’elle était plus chère, alors que non ! Depuis qu’on lui a expliqué, il vient chercher sa baguette bio. Il a même testé notre fameuse Piaf, aux graines !»
Aujourd’hui, installées rue de la Chapelle, Katie, Aurélie et Sabrina prennent activement part à la vie du quartier. «Avec quelques croissants, ça passe mieux !» nous confie Katie au sujet de l’opération de déminage du quartier, évacué le dimanche 17 février. Venues pour aider leurs voisins, elles ont rencontré André, mais aussi Marguerite, des voisins et nouveaux clients ! Les quelques tables et chaises installées marquent de la volonté de faire du Pain de la Liberté un véritable lieu de vie. Les plantes qui agrémentent l’espace, ce sont des clients qui les ont offertes.
Intégration dans le quartier réussie, alors ? Les anecdotes de Katie le confirment « Cet été, on a fait des glaces à la bergamote. Une bande de gars du quartier qui mesurent 2 mètres entre, le premier en goûte une et s’écrie : elles déchirent tes glaces ! On en prend 15 ! »
Le Pain de la Liberté, au-delà du plaisir des papilles est un projet de femmes soudées, optimistes et déterminées. «Dès qu’on peut s’entraider, on le fait : c’est vertueux. J’espère transmettre à d’autres coopératrices ce goût. L’altruisme, ça manque aujourd’hui.».

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