Nouvelle saison pour les Mercredis des Révolutions

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Mise à jour le 14/05/2024
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Les Mercredis des Révolutions reviennent pour une 7e édition. Rendez-vous un mercredi par mois de 18h30 à 20h30 à la mairie du 18e.
Pour cette nouvelle saison organisée avec la Société d'histoire du 19e siècle, en partenariat avec l'hebdomadaire Politis, le site de podcast Paroles d'histoire et Médiapart pour cette saison 2023-2024 !

Prochain rendez-vous le 15 mai

Séance à réécouter

Les séances seront une nouvelle fois disponibles en podcast après chaque séance.

Théâtre et révolution

SÉANCE ANNULÉE
Malheureusement, la séance initialement programmée mercredi 29 novembre à 18h30 est annulée.

Climat et révolution

mercredi 10 janvier à 18h30
La question climatique est devenue obsédante, recouvrant de son ombre les innombrables crises écologiques qui caractérisent la période contemporaine, et ouvrant sur une ère d’instabilités et d’incertitudes politiques et sociales. Le surgissement de la question environnementale met à mal les découpages politiques habituels, rythmés par les évènements révolutionnaires, tout en invitant à repenser ces derniers. L’exploitation accrue de la nature est contemporaine des grandes révolutions atlantiques de la fin du 18e siècle et des transformations qu’elles induisent dans le droit et le fonctionnement de l’État, elle ouvre des bouleversements qu'on peut à bon droit penser comme révolutionnaires.
Aujourd’hui, alors que les questions écologiques ont envahi les champs intellectuel et politique, façonnant des langages et des répertoires d’action protestataires– pensons au rôle des ZAD et aux luttes autour des infrastructures comme celles des Soulèvements de la terre ou d'Extinction Rebellion – de plus en plus de travaux se tournent vers l’écologie des révolutions et tentent de (re)penser les liens qui relient les dynamiques révolutionnaires et environnementales, hier comme aujourd’hui.
La prise en compte des enjeux écologiques éclaire en effet les expériences révolutionnaires qui, en retour, sont souvent des moments décisifs de réagencement de ce qu’on nomme "nature" et "société". Ces questions retiennent de plus en plus l’attention et invitent à questionner comment les révolutions déstabilisent les représentations dominantes de la nature et remodèlent les partages nature/artifice ? Comment les discours politiques mobilisent les entités naturelles et les êtres vivants ? Comment les dynamiques révolutionnaires remodèlent l’écologie des sociétés ? Mais aussi comment l’essor de l’histoire environnementale invite à relire et questionner les dynamiques révolutionnaires ? Dans quelle mesure l'essor des luttes écologiques contemporaines peut-il être considéré comme révolutionnaire ?
Pour discuter de ces questions, nous aurons le plaisir d’accueillir :
Anne-Claude Ambroise-Rendu, professeure d'histoire contemporaine à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et auteure de Une histoire des luttes pour l’environnement – XVIIIe-XXe siècles trois siècles de débats et de combats (avec Steve Hagimont, Charles-François Mathis et Alexis Vrignon, Textuel, 2021), et de Une histoire des conflits environnementaux, luttes locales, enjeu global, (dir. avec Anna Trespeuch-Berthelot et Alexis Vrignon, Limoges, Pulim, 2018) ;
Jade Lindgaard, journaliste à Mediapart. Elle enquête notamment sur les injustices environnementales, les pollutions industrielles et a publié plusieurs livres sur ces enjeux dont : Eloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD (Les Liens qui libèrent, 2018), Je crise climatique. La Planète, ma chaudière et moi (La Découverte, 2014).
  • avec Anne-Claude Ambroise Rendu et Jade Lindgaard - Animation : François Jarrige

Migration et révolution

mercredi 31 janvier à 18h30
La question migratoire est particulièrement présente dans l’actualité française et mondiale, elle durcit les clivages politiques et renforce les menaces d’un virage nationaliste et xénophobe. Les idéaux et les mouvements révolutionnaires semblent reléguer dans le passé même s’ils sont mobilisés dans les débats actuels et questionnés dans de nombreux ouvrages récents (histoire globale des révolutions, 2023).
Les printemps des peuples du mitan du 19e siècle comme les printemps arabes des années 2010 ont montré combien les circulations des hommes et des idées pouvaient à la fois promouvoir les mouvements révolutionnaires mais aussi contraindre les opposants à partir, mêlant enjeux politiques et économiques. Le départ devient alors une soupape parfois tragique pour les migrants et un instrument politique pour les gouvernements des pays d’accueil. C’est ainsi que s’est construit le "problème" de l'immigration dans le champ politico-journalistique depuis la fin des années 1880. Il a a contrario pénétré le mouvement ouvrier et internationaliste au 20e siècle unissant la défense des migrants et l’antifascisme. Le sujet est donc riche : croiser migration et révolution nous invite à penser ensemble les luttes du passé et les soulèvements du présent portés par les migrants et pour les migrants et à interroger leur caractère révolutionnaire.
Pour discuter de ces questions, nous aurons le plaisir d’accueillir :
Arnaud Banos, directeur de recherche CNRS, géographe, également sauveteur en mer et formateur en sauvetage de masse auprès de la Marine nationale (officier instructeur de réserve), de la SNSM et de plusieurs ONG de sauvetage en Méditerranée Centrale. Chef de mission auprès de l'ONG allemande Sea-Eye.Il a publié Modéliser c’est apprendre , itinéraire d’un géographe, (Matériologiques 2016)
Gérard Noiriel, socio-historien, directeur d'études à l'EHESS, président de l'association d'éducation populaire DAJA. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le creuset français, histoire de l’immigration (19e-20e) (Le seuil, 1988, réed 2016), Une histoire populaire de la France : De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018),
La séance sera animée par Sylvie Aprile, historienne
  • avec Gérard Noiriel et Arnaud Banos - Animation : Sylvie Aprile

Histoire globale des révolutions

Mercredi 7 février à 18h30
  • avec Clément Thibault et Quentin Deluermoz - Animation : Delphine Diaz

Iraniennes en révolution

Mercredi 6 mars à 18h30
En Iran, le 16 septembre 2022, l’annonce du décès de Mahsa Amini, battue à mort par la police des mœurs, suscite une puissante révolte spontanée des Iraniennes contre le régime des mollahs. Rejointes par des hommes, ces femmes insurgées illustrent la capacité du féminisme à cristalliser les colères et à porter un espoir révolutionnaire. Violemment réprimé par le pouvoir politique, le mouvement de contestation "Femme, vie, liberté" continue pour autant à incarner les aspirations démocratiques d’une grande part de la société iranienne.
À l’approche du 8 mars, journée des droits des femmes, et alors que le combat des iraniennes n’occupent plus les unes des journaux français, cette séance sera l’occasion d’interroger l’histoire et l’actualité de cette lutte. Qu’est-ce qu’être une femme en Iran aujourd’hui ? En quoi le mouvement "Femme, vie, liberté" peut-il être perçu comme une révolution, porteuse d’une transformation radicale et profonde de la société ? En quoi a-t-il permis de nouer des solidarités entre les sexes et entre les générations ? Dans quelle mesure est-il l’héritier de décennies de combats féministes et de l’engagement des femmes dans des mouvements révolutionnaires du passé ? Comment résistent les iraniennes aujourd’hui en dépit de la répression ? Comment manifester aujourd’hui depuis l’Europe des solidarités envers les femmes iraniennes en lutte ?
Pour discuter de ces questions, nous aurons le grand plaisir d’accueillir :
Azadeh Kian, professeure de sociologie à l’Université Paris Cité, directrice du CEDREF. Ses travaux concernent l'Iran et le Moyen-Orient, les études de genre et les perspectives postcoloniales et intersectionnelles. Elle est notamment l’autrice de La République islamique d’Iran (Michalon, 2005), de L’Iran, un mouvement sans révolution ? (Michalon, 2011), de Femmes et pouvoir en islam (Michalon, 2019), et de Rethinking Gender, Ethnicity and Religion in Iran: An Intersectional Approach to National Identity (Repenser le genre, l’éthnicité et la religion en Iran : une approche intersectionnelle de l’identité nationale), London & New York, I. B. Tauris. Bloomsbury, 2023.
Chirinne Ardakani est avocate. Elle exerce en droit pénal et en droits des étrangers et défend, en particulier, les dissidents politiques. Résolument attachée aux droits de la Défense et aux droits humains, notamment des personnes exilées, elle conçoit sa pratique comme un outil concret de mobilisation en faveur des libertés politiques. En septembre 2022, en réaction au décès de la jeune kurde iranienne Mahsa Amini, elle a fondé l’association Iran Justice. Rassemblant avocats, juristes et militants des droits humains, le collectif inventorie, documente et qualifie les exactions du régime iranien dans l’objectif de traduire un jour ses auteurs en justice, pour que cesse l'impunité des crimes d'État en Iran. Acquis au contentieux stratégique, Iran justice est à l’origine de plusieurs actions judiciaires, dont une plainte visant plusieurs dignitaires iraniens, et d’une saisine du groupe de travail sur la détention arbitraire pour alerter sur le cas du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.
La séance sera animée par Caroline Fayolle, historienne
  • avec Azadeh Kian et Chirinne Ardakani - Animation : Caroline Fayolle

Révolution des œillets

Mercredi 3 avril à 18h30
À l’approche du 50e anniversaire de la révolution des œillets, qui va avoir lieu le 25 avril 2024, nous aurons le plaisir de parler de ces événements avec deux spécialistes du monde lusophone du 20e siècle. Ce sera l’opportunité de revenir sur les origines du mouvement qui a mis fin au régime salazariste après plus de 40 ans de dictature, origines au carrefour des évolutions sociales et économiques de la société portugaise, l’exil politique, les migrations de travail et les mouvements anti-coloniaux, notamment en Afrique. Nous pourrons notamment interroger les limites entre coup d’état et révolution, le rôle du peuple et l’héritage politique de ce mouvement démocratique dans une Europe marquée par l’essor de l’extrême droite.
Pour ce débat nous aurons le grand plaisir d’accueillir :
Michel Cahen est Directeur de recherche émérite au CNRS, Sciences Po Bordeaux. Ses travaux portent sur la colonisation portugaise et les actuels Pays africains de langue officielle portugaise. Derniers livres: “Não somos bandidos”. A vida diária de uma guerrilha de direita: a Renamo na época do Acordo de Nkomati (1983-1985), Lisbonne, ICS, 2019; avec Â. Barreto Xavier & C. Nogueira da Silva (eds), Slave Subjectivities in the Iberian worlds (16th-20th centuries), Leyde, Brill, 2024; Colonialité. Plaidoyer pour la précision d'un concept, Paris, Karthala, avril 2024.
Victor Pereira est chercheur de l'Instituto de História Contemporânea de l'Université nouvelle de Lisbonne et il travaille l'exil et les migrations portugaises pendant la dictature de Salazar. Il est notamment l'auteur de C’est le peuple qui commande ! La Révolution des Œillets : 1974-1976, Paris, Éditions de détour, 2023 et La dictature de Salazar face à l’émigration. L’Etat portugais et ses migrants en France (1957-­1974), Paris, Presses de Sciences Po, 2012
  • avec Michel Cahen (sous réserve) et Victor Peirera - Animation : Edward Blumental

Sport et révolution

Mercredi 15 mai à 18h30
Les Jeux Olympiques de Paris, jeux de la 33e olympiade de l’ère moderne, s’ouvriront le 26 juillet prochain ; 32 sports y seront représentés, et 329 épreuves. Parmi celles-ci, l’épreuve mythique du marathon. Pour la première fois dans l’histoire du marathon olympique, c’est le marathon féminin qui viendra clore, le 11 août prochain, la compétition des Jeux Olympiques de Paris. La veille aura eu lieu le marathon masculin. Par cette inversion, il s’agit de valoriser le marathon féminin et de rendre hommage aux femmes coureuses qui jusqu’en 1984 étaient exclues des marathons olympiques.
Ce sont à toutes les femmes qui ont marqué l’histoire que le marathon olympique de Paris 2024 rendra hommage car son parcours suivra en partie l’itinéraire de la marche des femmes sur Versailles du 5 octobre 1789, épisode important de la Révolution française, et moment de revendication et d’émancipation féminine. Plus largement, les Jeux Olympiques ont permis à certains athlètes d’exprimer leur opposition politique à leur pays ou à d’autres pays oppresseurs. Cette séance sera l'occasion de revenir sur ces évènements et d’interroger les liens entre "Sport et révolution". Dans quelle mesure le sport est-il un vecteur d'engagements et de mobilisations révolutionnaires ? Quels sont les mouvements révolutionnaires ou insurrectionnels qui ont marqué l’histoire du sport aux 20e et 21e siècles ? Les sports modernes introduits au 19e siècle par la Grande-Bretagne, traduisent-ils l'implantation d'une démocratie à l'anglaise (bourgeoise voire aristocratique) versus démocratie sociale ? Quelles "révolutions" techniques, médiatiques, ont-elles transformé le sport ?

Pour discuter de ces questions, nous aurons le grand plaisir d’accueillir :

François da Rocha Carneiro, historien, chercheur associé au CREHS (Université d'Artois). Spécialiste de l’histoire du football français, il est l'auteur d'Une histoire de France en crampons (éditions du Détour, 2022) qui a reçu le Prix du document sportif en 2022."

Jérôme Latta, journaliste indépendant qui collabore notamment avec Le Monde, Alternatives Économiques, Politis. Cofondateur des Cahiers du football, il est l’auteur de Ce que le football est devenu. Trois décennies de révolution libérale (Divergences, 2023)

La séance sera animée par Carole Christen, historienne.

Hors les murs // Paroles populaires et révolution

Mercredi 7 juin à 18h30 à l'Université de Créteil
  • avec Pierre Serna et Ludivine Bantigny - Animation : Emmanuel Fureix