Adapter, construire, vivre le 18e

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Mise à jour le 08/06/2023
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À l'heure où la Ville de Paris s'apprête à adopter un nouveau plan local d'urbanisme bio-climatique, la mairie du 18e vous propose une exposition urbaine immersive dans l’arrondissement, à travers une histoire fascinante, riche en transformations, qui continue de s'écrire à l'aube d'un siècle aux défis inédits : écologiques, sociaux et démocratiques.
La "Ville idéale", utopie définitive ou objectif vers lequel nous pouvons tendre collectivement ?
Comment concilier densité de population et douceur de vivre ? Comment s'adapter au changement climatique sans laisser personne de côté ? Comment habiter un territoire soumis à ces défis à notre échelle de citadin.e ?
Si le chemin à parcourir semble long et les obstacles nombreux, des actions concrètes sont d'ores et déjà en cours pour l'émergence de cités plus agréables à vivre, plus respectueuses de notre environnement et plus durables.
Nous vous invitons à découvrir à travers l'exposition “Adapter, Construire, Vivre le 18e”, parmi l'effervescence de témoignages dont nous disposons, une dizaine d’exemples de projets de rénovation, de construction, d’aménagement, et de récits de vie, qui vous permettront d’approfondir ou d’engager une nouvelle réflexion sur un espace qui évolue au fil des pensées architecturales, urbaines et paysagères qui ne cessent de se réinventer.
Dans un arrondissement aux identités multiples, à l’histoire pantagruélique et aux témoignages composites, le choix s’est porté sur l’exemplarité de quelques-uns, leur singularité, parfois leur gigantisme, ou à l’inverse leur minimalisme, et l’âme qu’ils confèrent au 18e.
Venez découvrir l'expo en mairie !
Du 5 au 17 juin
L'exposition sera visible sur les temps d'ouverture de la Mairie, de 8h30 à 17h, du lundi au vendredi et jusqu'à 19h30 le jeudi. Elle sera également accessible le samedi matin, de 9h à 12h30.

8 projets remarquables à découvrir

  • La tour des Poissonniers - une reconversion architecturale pour un territoire étudiant en devenir
  • Les anciens magasins Tati : transformation d'usages au bénéfice d'un patrimoine exceptionnel
  • Marcadet Belvédère - une réhabilitation majeure rue des Poissonniers
  • L’Arena - une construction olympique exemplaire pensée en héritage pour le quartier
  • Hébert - le trait d’union de la Chapelle
  • Chapelle Charbon - du faisceau ferré au parc habité
  • La rénovation énergétique des logements - des copropriétés en projet
  • Réhabi(li)ter la ville - un projet lowtech pour se réapproprier la vie en copropriété

Programme

Du 5 au 17 juin, en plus de l'exposition en mairie, des visites guidées ou commentées de quartiers emblématiques, des tables rondes, des projections et des conférences vous seront proposées.
Vernissage
Rendez-vous le vendredi 9 juin à 17h30 pour le vernissage de l'exposition !

Quartier Chapelle

  • mardi 13 juin à 14h
Visite commentée du Quartier Chapelle, rendez-vous au 93 rue de la Chapelle.

sur inscription à znvevr18@cnevf.se[mairie18 puis paris.fr après le signe @]

Hébert, quartier en devenir

  • mardi 13 juin à 18h
Visite commentée du site Hébert, quartier en devenir au nord de la Chapelle, immersion au cœur du chantier avec les équipes d'Espaces Ferroviaires.

sur inscription [mairie18 puis paris.fr après le signe @]znvevr18@cnevf.se[mairie18 puis paris.fr après le signe @] (préciser sa pointure de chaussure)

Conférences et table ronde

(R)évolutions des bâtiments patrimoniaux

  • jeudi 8 juin à 19h
Avec la participation de la commission du Vieux Paris, l'Agence parisienne du Climat, Immobel, Studio Belem et Paris-Habitat
- A la mairie du 18e

Réhabi(li)ter la ville

  • mercredi 14 juin à 19h
Conférence gesticulée par Andréane Valot, théâtre de l'ombre sur le récit d'une expérimentation citoyenne
- A la mairie du 18e

Le bois quelles perspectives pour la ville de demain ?

  • jeudi 15 juin à 19h
En présence de Paris & Métropole Aménagement et W02
- A la mairie du 18e

Projection

Tour-Village

  • lundi 12 juin à 18h
Suivie d'un dialogue et de témoignages sur l'histoire et les perspectives du quartier
- A Chapelle Nouvelle, au 9 allée Léon Bronchart
Le PLU bioclimatique, qu'est ce que c'est ?
Le plan local d'urbanisme (PLU) détermine les règles d’occupation des sols sur le territoire d’une ville. C’est le document que l’on consulte lorsqu’on veut construire ou démolir un bâtiment. Il constitue un « projet de ville » qui dessine le futur d’une agglomération pour environ 10 à 15 ans.

Le PLU de Paris actuel date de 2006. Il était nécessaire de le réviser. L’introduction du principe du bioclimatisme devrait marquer une transformation profonde vers un urbanisme parisien au service de la transformation écologique, de la protection contre les dérives du marché, et de la proximité.

Introduit en Conseil de Paris ce mois de juin, le nouveau document pourra être applicable à la fin de l’année 2024, après soumission à enquête publique. Il fixera les grands objectifs à atteindre d'ici 2030.

Aux origines du logement social

La construction de premières “Habitations à Bon Marché”(HBM) à destination des classes ouvrières est d’abord l'œuvre de fondations privées et philanthropiques. La Fondation Rothschild, créée en 1904, joue un rôle de laboratoire pour la création d’un modèle de logement social. Parmi les projets choisis, l’ensemble de logements rue Marcadet.
Ce programme devient rapidement, pour les architectes comme pour le maître d'ouvrage, un terrain privilégié d'expérience et d'innovation : dans la période qui va de 1900 à 1914 se trouvent en germe dans leur projets toutes les doctrines qui feront la fortune du mouvement moderne.
En 1914, à la demande du conseil municipal de Paris, Raymond Poincaré, président de la République, fonde l’Office Public d’habitation à bon marché pour la Ville de Paris, qui devient l’Opac (Office public d’aménagement et de construction) en 1987, puis Paris Habitat en 2008.
Sommés de répondre à des besoins croissants, les pouvoirs publics, qui prennent en charge le logement social à partir de 1914, donnèrent une extension massive à cette architecture expérimentale. Le débat se déplaça alors vers les modalités de financement, la maîtrise d'ouvrage (publique et semi-publique), la réglementation, la standardisation de la construction…
La brique et la pierre sont les premiers matériaux utilisés pour bâtir ces “maisons populaires”, au début du siècle, exclusivement dans les tissus existants. Les HBM d’avant-guerre relèvent d’opérations ponctuelles, elles s’inscrivent sur le temps long, celui des concours et des projets ambitieux d’architectes qui définissent de nouvelles conceptions de bâtiment, mais rarement dans une logique de rationalité économique.
La guerre interrompt les programmes en gestation qui seront livrés une dizaine d’années plus tard entre 1921 et 1925. Ainsi s’achève la phase dite « expérimentale » des HBM dans laquelle les concours livrent des solutions innovantes, reprises plus tard à grande échelle.
À l’inverse, le lotissement de la ceinture pose la question de la massification et de l’accélération de la production des HBM. La poursuite de la construction des HBM se fait non plus seulement dans les tissus constitués mais aussi en lieu et place de l’ancienne enceinte fortifiée de Thiers qui est déclassifiée par la loi du 19 avril 1919. Elle précise les modalités d’urbanisation selon une double ceinture concentrique : sur l’ancienne enceinte, l’urbanisation prévoit 25 % de terrains affectés aux logements HBM ; sur l’ancienne « zone », la servitude « non aedificandi » est préservée et une ceinture verte doit être aménagée.
L'enceinte de Thiers
Érigée entre 1841 et 1844, durant la Monarchie de juillet, l’enceinte de Thiers devait protéger la capitale de l’envahisseur et contenir les velléités de Parisiens qui viendraient à se rebeller contre le pouvoir royal.

L’impact de cette enceinte sur la frontière Paris-Banlieue est déterminante car elle est bordée d’un fossé puis d’une zone non constructible de 250 mètres. Du côté du centre-ville, les fortifications sont doublées d’une rue militaire intérieure, qui donnera lieu plus tard aux boulevards des Maréchaux. Une rue intérieure elle-même doublée de la ligne de chemin de fer de la Petite ceinture.
A l’occasion de cette construction, essentiellement située sur des terres agricoles et de maraîchage, la capitale englobe tout ou partie des villes de la première couronne, allant au-delà de la précédente enceinte des fermiers généraux.
Après la première guerre mondiale, les fortifications sont déclassées et leur déconstruction démarre en 1919, jusqu’en 1929. Sur la zone, perdurent les bidonvilles. La ceinture verte projetée initialement ne vit pas vraiment le jour. A la place, furent toutefois construits des équipements sportifs ou des cimetières et quelques jardins. La partie extérieure fut ensuite réquisitionnée pour accueillir le périphérique, une fois les boulevards des Maréchaux arrivés à saturation.
Le “Plan Bonnier », approuvé par le Conseil municipal du 30 juin 1924, est le plan de référence pour l’aménagement de l’ensemble de la Ceinture jusqu’en 1933, date de sa révision. Ce projet urbain a pour vocation de clore l’espace urbain parisien. Il marque la frontière entre le Paris « intra-muros » et la banlieue. Le projet prend peu en compte les tissus existants qui le jouxtent : aucune interaction avec la banlieue, et relativement peu avec Paris.

Les enjeux de la réhabilitation de ce patrimoine centenaire

Le secteur de l’habitat représente un enjeu important pour Paris puisque 1,3 million de logements parisiens représentent 35 % de la facture énergétique globale. La mise en œuvre du Plan Climat s’est traduite ces dernières années par une politique volontariste de réhabilitation thermique des logements. Cette politique a principalement concerné les bâtiments édifiés entre 1950 et 1974, considérés comme thermiquement très déperditifs et « relativement simples » à réhabiliter en grand nombre.
Les bâtiments de logements bâtis entre-deux-guerres ont jusque récemment été peu impliqués dans les opérations de réhabilitation et en particulier l’habitat social, soit les Habitations à Bon Marché (HBM). Les politiques de réhabilitation qui s’appliquent actuellement aux bâtiments de l’après-guerre sont difficilement transposables aux HBM pour deux raisons principales qui relèvent de questions patrimoniales : celle du patrimoine urbain par l’insertion dans des tissus constitués, celle du patrimoine architectural avec l’usage principal de la brique apparente (APUR).
En matière de réhabilitation, toute la difficulté de l’intervention tient donc dans la préservation de ce caractère si spécifique qui se déploie sur la ceinture de Paris en séquences morcelées et dont la visibilité est fortement accentuée par l’usage quasi systématique de la brique.
Les motifs géométriques des bâtiments HBM qui composent la ceinture de Paris relèvent de procédés de composition qu’il est possible de regrouper en plusieurs familles : les formes fermées, les formes semi-fermées, les formes en « U, C, L, I », les barres, et les peignes, auxquelles s’ajoutent des formes atypiques souvent associées à des productions architecturales exceptionnelles.
Ces grandes familles ne se substituent pas les unes aux autres au fil du temps, elles sont toutes employées tout au long du processus de lotissement de la ceinture, elles sont symptomatiques de la volonté de recherche et d’expérimentation alors mise en œuvre dans les projets. L’un des premiers projets de la ceinture, porté par l’OPH, sont très académiques comme le montre la forme en peigne de la porte Montmartre (1926) qui est comprise à l’époque comme une forme exemplaire d’un point de vue hygiénique.
À l’idée de laisser circuler air et soleil s’ajoute celle d’ouvrir les îlots sur des espaces verts, des « cours plantées ». C’est un point important dans la composition des groupes de HBM qui, couplé à l’idée de créer des tracés de rues sinueux permettant de « bloquer » la vue, n’est pas sans rappeler les règles de composition des cités-jardins. Le rapport de l’Office de 1937 souligne la nécessité de créer des jardins dès que cela est possible.
Très exceptionnellement, des squares publics sont mis en œuvre au sein de groupe de HBM. Les groupes construits sur la ceinture de Paris, pourtant considérée comme lieu d’implantation privilégiée d’espaces verts, respectent en effet des logiques d’optimisation foncière peu propices à la mise en place de squares publics.
Les équipements apparaissent dès les premiers programmes HBM des fondations. Aux équipements socio-sanitaires et éducatifs s’ajoutent des services et activités : concierge, veilleur, garages et boutiques en rez-de-chaussée.