Politique de la Ville
Une chance pour tous les quartiers du 18e
Le terme « Politique de la ville » désigne un dispositif
spécifique qui mobilise d'importants moyens en vue de développer
les quartiers très populaires sous tous les aspects : cadre de vie,
situation socio-économique, éducation, culture… Ce dispositif
engage l'État, la Région, la Ville, les différents services
public... ainsi que de multiples autres partenaires.
Quatre quartiers du 18e sont concernés par cette coproduction
dont la Ville de Paris est un des acteurs majeurs :
- Porte Montmartre / Porte de Clignancourt / Moskova
- Amiraux / Simplon
- Goutte d'Or
- La Chapelle / Porte d'Aubervilliers - Paris Nord Est
Tous bénéficient de cette intervention publique renforcée au
service de l'amélioration du quotidien des 80 000 habitants qui y
vivent. Ils sont à l'honneur dans ce dossier qui présente pour
chacun, car ils sont différents, les enjeux sur lesquels
travaillent un ensemble d'acteurs, notamment les Équipes de
Développement Local (EDL), en élaborant et suivant les projets de
quartier.
Frédérique Pigeon, conseillère de Paris et adjointe au maire du 18e, en charge de la Politique de la ville et des services sociaux, travaille en étroit partenariat avec tous les services spécifiques qui interviennent dans ces quartiers.
3 QUESTIONS À…
Frédérique Pigeon
La Politique de la ville représente des enjeux importants, mais peu de quartiers sont finalement concernés…
Certes, mais les habitants de ces quartiers sont plus de 5
millions en France, et dans le 18e, ils représentent près de 40% de
la population.
Avec le maire, Daniel Vaillant et à l'appui d'un travail
d'équipe avec tous les élus du 18e - car mon rôle est transversal
-, ensemble nous cherchons à les servir le plus largement possible
en utilisant notamment les nombreuses ressources de la Politique de
la ville. Ainsi, lorsque nous réhabilitons ou construisons social
et durable, nous générons de l'emploi local, de la sobriété
énergétique, du pouvoir d'achat, et contribuons au maintien des
classes populaires à Paris. Quand nous recherchons les meilleures
ressources en éducation, formation et culture, nous contribuons à
faire bouclier social et à préparer l'avenir. En réinjectant du
service public et des activités privées, nous réaffirmons la
République, remettons de la vie, du lien, de la mobilité, de la
tranquillité.
Bien sûr, nous restons également très attentifs aux
évolutions de la société : un besoin de sport différent, la demande
en espaces libres pour la jeunesse, la nouvelle donne étudiante
dans le 18e…
Le contexte difficile demande à l'évidence une grande détermination…
Oui, et la Politique de la ville conduite à Paris depuis 2001,
depuis que Bertrand Delanoë est maire, est exigeante. Elle
bénéficie de l'effort urbain sans précédent déployé par Jean-Pierre
Caffet puis par Anne Hidalgo, et vient à son tour lui donner du
sens.
De plus, j'ai confiance dans le pouvoir d'agir des acteurs :
personnes singulières, conseillers de quartiers, associatifs,
commerçants et artisans, entrepreneurs, médias indépendants… J'ai
confiance en la spontanéité et la créativité des quartiers
populaires (qui me font parfois penser à Berlin), je suis
convaincue de l'utilité des synergies avec les pouvoirs publics :
les énergies se démultiplient, accroissent la création de richesses
sociales et l'efficacité de la dépense.
Mais nous vivons un contexte socio-économique extrêmement
dégradé au plan national, et l'engagement de l'État nous manque
cruellement.
Pour aller plus loin, que préconisez-vous ?
D'abord, de faire comme d'habitude : de ne pas marcher seul.
D'impliquer tous les acteurs, de réunir autour d'une table
pour brasser les idées, de dégager des projets, des axes de travail
et des plans d'action, puis de mesurer les avancées. Et on
recommence. Il faut le temps d'ancrer la confiance, le sérieux du
travail à accomplir et du travail rendu. Cela nécessite écoute,
proximité, franchise dans l'exposé des divergences pour produire
les changements et la dynamique.
Et de communiquer pour partager ce dossier. A ce titre, je me
félicite des plaquettes de quartier et de ce « septembre des
quartiers populaires » : vendanges et politique de la ville sont en
force dans ce numéro.